jeudi 4 novembre 2010

Transformer l’école : des perspectives pour 2012



Alors que nous sommes en cette rentrée 2010 aux prémisses de la prochaine campagne présidentielle, le CRAP-Cahiers pédagogiques prend date et veut dès à présent initier le débat sur l’école.
Cela prend la forme d’un espace sur notre site où nous rassemblons des contributions de chercheurs et d’acteurs de terrain. Nous commençons par donner la parole à des personnalités qui soutiennent les Cahiers, chacun pouvant réagir à leurs propos.
Nous voulons sortir des généralités, idées reçues et faux consensus pour trouver des leviers précis susceptibles de faire évoluer le système éducatif. Nous désirons également associer à ce travail les mouvements pédagogiques et associations qui nous sont proches. L’ensemble doit aboutir à des propositions concrètes qui seront soumises aux partis politiques et aux candidats. Les Assises de la pédagogie que nous organiserons à l’automne 2011 les finaliseront et en fixeront le cadre. Un certain nombre de points nous paraissent déjà essentiels :
- la formation initiale et continue des enseignants ;
- l’intégration des temps d’aide aux élèves et du travail en équipe dans les services ;
- la redéfinition du métier d’enseignant ;
- la refonte des programmes, en particulier en primaire ;
- la mise en place effective du socle commun ;
- la recherche d’une politique éducative cohérente et éthique, inscrite sur le long terme ;
- la création d’une université de la pédagogie jusqu’à la définition de bonnes pratiques s’imposant aux enseignants ;
- la résolution de la question des rythmes scolaires et des temps de l’enfant ;
- l’articulation entre l’école, le collège et le lycée ;
- les missions de l’université ;
- la critique de la notion d’égalité des chances et le recul de l’échec scolaire.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?rubrique131

Pour une grande réforme démocratique de l’école

 

mardi 2 novembre 2010 par Ladent Sylvain
un appel de 50 chercheurs pour une plus grande démocratisation de l’école : une autre pierre au débat http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php ?article85
De nombreux citoyens sont aujourd’hui convaincus que le changement politique fort auquel ils aspirent n’aura lieu que si la victoire électorale éventuelle de l’opposition se joue sur des perspectives économiques et sociales explicites, cohérentes, novatrices et ambitieuses. L’heure est aux élaborations programmatiques.
Nous souhaitons que l’école y tienne la place qu’elle mérite, celle d’une question politique de premier plan, qui vient régulièrement en tête des préoccupations des Français, sondage après sondage. Or il ne nous semble pas que jusqu’à présent les partis de gauche aient avancé en la matière des propositions à la hauteur de la situation.
Chercheurs intéressés aux questions scolaires, nous sommes confrontés par nos investigations dans ce domaine à l’anxiété, au mal-vivre, à la souffrance des élèves, des parents et des enseignants. Nous mesurons le coût social et humain de l’échec scolaire de masse et des inégalités devant l’école.
La scolarisation des jeunes générations a connu de très grands progrès depuis un demi-siècle. Mais malgré le dévouement et l’investissement professionnel considérables de ses enseignants et personnels, notre école peine toujours à corriger les inégalités culturelles et à satisfaire aux attentes d’aujourd’hui. L’ampleur des inégalités scolaires n’a pas varié depuis les années 1960. Pire, les écarts culturels et cognitifs sont multipliés par deux entre le CP et le CM2, au détriment des élèves d’origine populaire. Une proportion importante d’élèves entrant en 6ème n’ont pas les acquis nécessaires pour tirer normalement profit de leur scolarité secondaire. Et du collège à l’université les inégalités se maintiennent, voire se creusent.
De la réforme Berthoin de 1959 qui en jette les fondements à la politique actuelle du « socle commun » et des 50% à la licence, les promoteurs de notre actuelle « école unique » ont toujours admis le principe de parcours tôt différenciés et d’une progression des scolarités qui maintienne les écarts sociaux, assurant une employabilité minimale à un pôle, et une qualification compétitive à l’autre.
C’est cette logique ségrégative qui craque de toutes parts aujourd’hui. Aucune visée démocratique ne saurait de toutes façons s’en satisfaire, le monde de demain, sauf à précipiter sa perte, ayant besoin d’un très grand nombre de citoyens instruits, et de salariés dotés d’une qualification élevée leur permettant de concevoir et d’assurer de nouveaux modes de développement économique et de maîtriser les technologies les plus prometteuses, mais aussi les plus dangereuses.
La gauche devra hisser le financement de l’école au niveau nécessaire, s’appuyer sur la contrainte de la carte scolaire, mais il lui faudra sortir des bricolages passés et présents (diversification des voies, revalorisation de l’enseignement professionnel, mesures d’accompagnement, par exemple). Car l’urgence est radicalement autre : elle est à la conception et à la mise en chantier d’une grande réforme scolaire, retrouvant l’ambition du plan Langevin-Wallon de 1947, en franche rupture avec la logique ségrégative qui domine aujourd’hui notre système éducatif.
Une telle rupture suppose à notre sens trois conditions :
* La mise en cause de la structuration concurrentielle du système éducatif, où la compétition entre établissements amplifie la compétition, sévère et précoce, entre élèves et catégories sociales, et où l’évaluation est moins formative que classificatoire.
* Le réexamen des dispositifs pédagogiques hérités de la modernisation des années 1970/80, qui semblent aujourd’hui avoir épuisé leur force propulsive ; et l’ouverture d’un grand chantier associant enseignants et chercheurs et visant à déterminer les moyens d’une amélioration massive des apprentissages, de l’école élémentaire à l’enseignement supérieur.
* La participation motrice à ce réexamen d’enseignants qui, mieux formés et dotés d’une capacité d’expérimentation autonome, pourraient collectivement reprendre la main sur leur métier.
Premiers signataires :
Catherine Agulhon, MC, Paris V Sylvain Aquatias, MC, Limoges Christian Baudelot, PR, ENS Paris Élisabeth Bautier, PR, Paris VIII Stéphane Beaud, PR, ENS Paris Choukri Ben Ayed, PR, Limoges Romuald Bodin, MC, Poitiers Stéphane Bonnéry, MC, Paris VIII Yaël Brinbaum, MC, université de Bourgogne Sylvain Broccolichi, MC, université d’Artois Alain Caillé, PR, Paris X Bernard Charlot, PR, Paris VIII Élisabeth Chatel, MC, ENS Cachan Bernard Convert, DR CNRS, Lille Philippe Coulangeon, DR, OSC/Science Po Jérôme Deauvieau, MC, UVSQ Étienne Douat, MC, Poitiers Muriel Darmon, CR, CNRS, Lyon II Henri Eckert, PR, Poitiers Roger Establet, PR, université de Provence Sandrine Garcia, MC, Paris Dauphine Rachel Gasparini, MC, Lyon II Bertrand Geay, PR, Amiens Dominique Glasman, PR, Chambéry Isabelle Harlé, MC, IUFM Nantes Gaële Henri-Panabière, MC, Paris V Viviane Isambert-Jamati, DR, CNRS Samuel Johsua, PR, université de Provence Bernard Lahire, PR, ENS Lyon Christian Laval, Paris X et Institut de recherches FSU Alain Léger, PR, Caen Fabienne Maillard, PR, Amiens Mathias Millet, MC, Poitiers Benjamin Moignard, MC, Créteil Gilles Moreau, PR, Poitiers Frédéric Neyrat, MC, Limoges Françoise Œuvrard, sociologue, Paris Agnès Pélage, MC, Créteil Roland Pfefferkorn, PR, Strasbourg Tristan Poullaouec, MC, Nantes Laurence Proteau, MC, Amiens Patrick Rayou, PR, Paris VIII Fanny Renard, MC, Poitiers André Robert, PR, Lyon II Jean-Yves Rochex, PR, Paris VIII Françoise Ropé, PR, Amiens Rémi Sinthon, ENS EHESS Lucie Tanguy, DR, Crespa, CNRS Jean-Pierre Terrail, PR, UVSQ/GRDS Daniel Thin, MC, Lyon II Agnès Van Zanten, DR, OSC/Science Po Michel Verret, sociologue
Je soutiens l’appel des 50 chercheurs en remplissant le formulaire ci-dessous (indiquez dans l’ordre votre prénom, votre nom et votre profession en tant qu’identifiants personnels).
Pour tout contact concernant l’appel, écrire à Jean-Pierre Terrail à l’adresse suivante : GR-DS@orange.fr

http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article301

États généraux pour la promotion des actions d’éducation à l’égalité et à la sexualité filles / garçons

jeudi 4 novembre 2010

 

Diminuer policeLes 19 et 20 novembre 2010 au Stade Charléty à Paris
Sous l’égide de l’adjointe au Maire de Paris en charge de l’égalité Homme/Femme se tiendront les vendredi 19 et samedi 20 novembre les premiers états généraux pour la promotion des actions d’éducation à la sexualité et à l’égalité fille/garçon. Cette manifestation sera ouverte à un large public, et plus particulièrement aux jeunes pour les sensibiliser à ces questions au travers de stands, d’animations et de débats qui seront autant d’occasion d’échanger avec des équipes éducatives, des parents d’éléves, des associations, parents d’élèves, etc.
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Pour la première fois cette année et sous le "marrainage" d’Isabelle Giordano, les Etats Généraux pour la promotion des actions d’éducation à l’égalité et à la sexualité filles/garçons se dérouleront les 19 et 20 novembre au Stade Charléty 17 avenue Pierre de Coubertin - 75013 Paris Métro et RER B : Cité Universitaire
Ces Etats généraux s’inscrivent dans une démarche globale initiée dès 2008 pour la promotion des actions éducatives en direction des jeunes parisiennes et parisiens. Ils ont pour objectif de faire prendre conscience de l’enjeu primordial que représente l’éducation à l’égalité et à la sexualité. Ils s’organisent autour de trois espaces :
les débats :
Quatre grands débats rythmeront les trois demi journées :
  • Les enjeux de l’éducation à l’égalité et à la sexualité
  • La parole aux professionnels : expérience innovante
  • Le rôle et la place des acteurs : freins et levier
  • Les perspectives : faire de l’éducation à l’égalité un enjeu citoyen
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article7106

mardi 26 octobre 2010

Quels sont les liens entre l’école et la société, et en particulier les inégalités scolaires et les inégalités sociales ?

 Il faut repenser la façon de faire l’école », entretien avec François Dubet
le 17 septembre 2010
.Dans Les Sociétés et leur école, François Dubet (avec Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout), sociologue, professeur à l’université de Bordeaux II, brosse un tableau comparatif de la situation dans les pays riches.
Quels sont les liens entre l’école et la société ? En particulier, quelles relations entretiennent les inégalités scolaires et celles qui existent dans la société ? François Dubet, avec Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout, se penchent de façon très détaillée sur cette question dans Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale. Une vaste comparaison de la situation dans les principaux pays développés. Conclusion : inégalités scolaires et inégalités sociales ne sont pas liées de façon mécanique. Et il faut au moins autant s’intéresser aux inégalités à l’école qu’au poids (« l’emprise ») des titres scolaires dans la société. Les explications de François Dubet, sociologue, professeur à l’université de Bordeaux II.

lundi 25 octobre 2010

École : la faillite du modèle français ?


  La Palme d'or du dernier Festival de Cannes, "Entre les murs" de Laurent Cantet avec François Bégaudeau, auteur du best-seller éponyme, sortira le 24 septembre en France. L'occasion de revenir sur le modèle scolaire français. (Partie 1/2 ) Retrouvez la deuxième partie du débat de FRANCE 24 en cliquant ici.


Le 24 septembre sortira, en France, la très attendue Palme d'or française du dernier Festival de Cannes : "Entre les murs", film de Laurent Cantet avec François Bégaudeau, auteur du best-seller éponyme.

François Bégaudeau y joue son propre rôle de prof de français enseignant dans une classe d'un collège dit "sensible". "Entre les murs" est un hymne à une pédagogie non-conformiste qui préfère insister sur les bons côtés des élèves, en privilégiant notament l'oralité. Mais, la Palme d'or 2008 va sans aucun doute susciter un vif débat chez les tenants de méthodes plus traditionnelles.



Les piètres résultats du système éducatif français, en langue vivante par exemple, ne laissent d'inquiéter. Selon une étude de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), 20 % des jeunes de 17 ans ne sauraient pas lire convenablement.

En cette rentrée 2008, de nombreux specialistes dénoncent en outre le passage à la semaine de quatre jours, alors que les écoliers français avaient déjà les journées de travail les plus longues d'Europe.

L'école laïque et républicaine qui fit jadis la fierté de la France est en crise. Et pourtant un film, "Entre les murs", déjà projeté à New York va donner au monde une vision optimiste et réconfortante du système scolaire français.



Les invités de Sylvain ATTAL sont :

Véronique BOUZOU, professeur de français et auteur de "L'Ecole dans les griffes du septième art. Une Palme d'or scandaleuse";
Vincent CESPEDES, philosophe, auteur de "Tous philosophes";


Iannis RODER, professeur d'histoire et de géographie, auteur de "Tableau noir, la défaite de l'école",

Anaïs GINORI, journaliste, service international, La Repubblica.

http://www.france24.com/fr/20080909-debat-entre-les-murs-cantet-palm-ecole-france-cinema-festival-de-cannes-partie-1&navi=DEBATS

vendredi 22 octobre 2010

L'Etat de l'Ecole. Guide de la rentrée 2010



François JarraudL'Ecole ne va pas si mal. Elle en a d'autant plus de mérite que le climat général, l'usure politique, l'isolement des enseignants, les occasions perdues, tout la pousse à une désespérante immobilité.
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http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/guide2010_somm.aspx

École  : les pièges de la concurrence - Comprendre le déclin de l’école française

Ceux qui veulent vraiment s’attaquer aux problèmes de l’école française, bien loin d’être « la meilleure du monde » comme on l’a parfois entendu, devraient prendre la peine de lire l’ouvrage que viennent de publier plusieurs sociologues, suite à une longue recherche menée par une équipe issue de huit laboratoires, de 2002 à 2006 (avec actualisation pour ce livre). Sans effets de manche et sans lourdes assertions dogmatiques, ce livre très lisible, souvent très précis et concret, est néanmoins accablant pour les politiques menées ces dernières années dans le domaine scolaire.
Un constat, indiqué dans le sous-titre  : les résultats de notre école sont en baisse, et un chiffre doit attirer notre attention  : l’augmentation spectaculaire de la proportion des lecteurs niveau 1 (c’est-à-dire les quasi non-lecteurs) passée de 4 à 8,5 % en quelques années. Depuis peu, la France a rejoint le peloton de tête des pays les plus inégalitaires en matière scolaire. Reste à comprendre pourquoi. Les auteurs proposent des explications très convaincantes, mais qui obligent à un regard acéré sur le fonctionnement du système  : on est alors loin des à peu près médiatiques ou des discours convenus de trop de politiques. Sans parler de ceux qui continuent à affirmer qu’on s’est « trop occupé » des élèves en difficulté  !
Les auteurs ont notamment comparé les résultats en fin de collège de plusieurs départements. Ils ont eu la surprise de noter que, par exemple, les résultats de la région parisienne, la plus riche de France, étaient inférieurs à ce qu’on aurait pu attendre, et plus particulièrement ceux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, très favorisés socialement. Dans ces deux départements, les collèges populaires ont des résultats moyens plus bas qu’en Seine-Saint-Denis. Plus surprenant encore, les élèves des « classes moyennes » de ces départements ont aussi des résultats médiocres par rapport à la moyenne nationale. Or, ce sont des endroits où l’offre scolaire est forte et où il y a la possibilité de « fuir » les collèges « populaires ». Du coup, ceux-ci ont tendance à la ghettoïsation tandis que les « bons collèges » font subir une forte pression, qui souvent décourage ceux qui ont du mal à suivre. Tout le monde est perdant, sauf peut-être la petite élite des meilleurs. Beau résultat de l’« assouplissement de la carte scolaire »  !
À l’inverse, dans un département comme la Loire, les résultats sont plutôt bons et peu inégalitaires pour des raisons complexes, parmi lesquelles des traditions locales de lien entre enseignants et familles, un attachement au secteur où l’on vit, la stabilité des équipes, et aussi, à vrai dire, le souci de maintenir des effectifs suffisants dans les collèges face à la concurrence du privé et au déclin démographique.
Les auteurs, dont notre amie Françoise Lorcerie, montrent aussi les considérables carences de pilotage de notre système (par exemple sur les ZEP, avec l’absence de suite donnée à des rapports souvent pertinents), ce qui a pour conséquences par exemple la destruction d’un travail collectif de plusieurs années, comme dans ce collège des Yvelines, dont nous avons parlé sous son vrai nom autrefois dans notre revue, en perdition suite à l’ouverture désastreuse d’un autre collège proche attirant les meilleurs élèves, faute aussi d’une action d’information conséquente. Citons aussi ce secteur populaire nantais où des dispositifs sont mis en péril par une application bornée de nouveaux textes (aussi intéressants soient-ils parfois)...
À un endroit du livre, on cite les paroles lénifiantes d’un responsable institutionnel clamant que tel collège « ne va pas si mal » parce que quelques-uns de ses élèves ont eu des mentions au brevet, en ne considérant pas les résultats globaux, et en oubliant que ces mentions n’auraient jamais été obtenues sans la prise en compte d’une notation continue flatteuse en décalage avec les résultats des épreuves écrites nationales. Un bon exemple de la cécité de certains qui préfèrent vanter tout ce qui va dans le sens de la « méritocratie », ne regardant que la réussite des meilleurs, occultant les vrais problèmes, ce qui aboutit bien souvent à une démoralisation des acteurs et à une méfiance généralisée.
Bien d’autres aspects sont abordés dans ce livre important, que nous évoquons dans l’entretien avec deux de ses coordonnateurs, notamment sur les perspectives, pour éviter l’« aggravation inexorable » évoquée dans la conclusion, heureusement, avec un point d’interrogation...
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article7086

Appel de Bobigny pour un débat sur l'école

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Appel de Bobigny pour un débat national sur l’école
café pédagogique du 20 octobre 2010
mercredi 20 octobre 2010 par Langanay Jean-Yves
L’Appel de Bobigny veut lancer un débat national sur l’éducation

Par François Jarraud

A l’initiative du réseau des villes éducatrices, avec une quarantaine d’organisations d’enseignants, de parents, d’association périéducatives, de mouvements pédagogiques, de lycéens et d’étudiants, l’Appel de Bobigny veut mettre l’éducation au centre du débat des présidentielles.

"Il n’y a pas de précédent historique", affirme l’historien de l’éducation Claude Lelièvre. "Ni par le nombre de participants, ni par la forme non revendicative mais prospective, ni par la méthode de travail" lors de son élaboration. Ce monument c’est l’Appel de Bobigny, une série de propositions élaborées sur 3 ans par une quarantaine d’organisations en lien avec l’Ecole qui était présentée mardi 19 octobre à l’Hôtel de Ville de Paris.

C’est tout le champ éducatif qui est représenté.

Mis en route par le réseau des villes éducatrices, un mouvement qui réunit environ 80 municipalités et qui est présidé par Yves Fournel, l’Appel de Bobigny est co-signé par tout ce qui compte en matière éducative. Il y a des représentants des collectivités locales, comme l’Andev ou le RFVE, les syndicats d’enseignants (FSu, Unsa, Cfdt),les parents de la Fcpe, les lycéens de l’Unl et les étudiants de lUnef. Mais aussi les associations complémentaires de l’école (Afev, Dei, Céméa, Prisme, Pep, Aroeven, la Ligue de l’enseignement etc.) et les mouvements pédagogiques (Gfen, Crap, Icem, etc.). Tous ont travaillé plusieurs années pour construire cette plate-forme qui n’est pas un catalogue de revendications mais plutôt un éventail de propositions et de questions.

"Ce n’est pas une liste de revendications, une compilation", confirme Yves Fournel. "C’est des valeurs, des méthodes, une identification des changements nécessaires. L’appel veut "un grand projet national pour l’enfance et la jeunesse". Elle demande "quelle place et quels moyens veut-on donner à l’éducation dans notre pays ? Quel citoyen veut-on préparer". Des questions qui renvoient évidemment aux débats à venir des présidentielles.

L’Appel fixe 5 priorités et 18 propositions.

Il demande une "loi d’orientation et de programmation pluriannuelle pour l’enfance et la jeunesse". Il s’agit de garantir le droit à l’éducation pour tous, et donc de garantir une équité effective et non "l’égalité des chances". Il veut promouvoir "la coopération de tous les acteurs", "mobiliser les ressources des territoires et d el’école", "définir un projet éducatif global ambitieux".

Mais les partenaires de l’appel ont décliné cela en quelques points plus concrets. D4abord pour les 0 à 6 ans, qui sont vraiment prioritaires dans la perspective de l’appel. Il demande la création d’un service public de la petite enfance, reliant différents acteurs associatifs et publics, doté d’une charte à valeur réglementaire. L’Appel estime qu’il est possible de créer 300 000 places supplémentaires pour ces petits enfants en réutilisant les crédits des aides publiques existantes.

Autre grand objectif : celui des résultats.

L’Appel revendique 0 sorties sans qualification reconnue, 50% d’une tranche d’âge diplômée du supérieur. Il souhaite aussi modifier profondément l’Ecole. Il n’esquive pas la question des rythmes scolaires mais revendique d’appliquer les recommandations de l’Académie de médecine avec une semaine de 5 jours au primaire. Dans le secondaire il demande une réforme de l’évaluation, la fin des redoublements, la démocratisation du lycée. Enfin il adopte systématiquement une vue intégratrice, associant les collectivités locales et les associations au travail éducatif.

Quelles suites ?

Loin d’être le premier ou le seul appel sur l’éducation, l’Appel de Bobigny veut apparaître comme un levier du débat politique. "On veut imposer un débat national sur l’éducation", avoue Yves Fournel qui souligne l’importance des acteurs impliqués dans ce projet. Une discussion qui ne soit pas réservée à la gauche. D’ailleurs Luc Chatel, à travers la ville de Chaumont dont il est maire, participe à l’Appel… Claude Lelièvre relève que déjà certaines propositions se retrouvent dans le nouveau projet socialiste pour l’Ecole. "L’appel donne des bases au débat", souligne Thierry Cadart (Sgen Cfdt). "Les difficultés du système éducatif pèsent lourdement dans les difficultés économiques de la France. L’Appel pose des questions brûlantes. Il donne au débat ses conditions de développement". C’est donc à vous maintenant d’y participer…


http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article291